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Richard GRANDSIRE

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Frère cadet du précédent. Au début de la Restauration, il est déjà quadragénaire quand sa vie bascule. En 1817, il embarque pour Buenos Aires où il conçoit un vaste et aventureux projet : étudier le réseau hydrographique existant entre l’Amazone et le Rio de la Plata, et établir une liaison par les fleuves entre la Guyane française et la République Argentine. Après deux ans d’absence, il rentre en France. Il se rend à Paris pour présenter à l’Académie des Sciences son projet, et repart en Amérique avec une lettre d’introduction signée du grand Cuvier. À son arrivée, il est prié de quitter le pays sous huit jours par suite de dissensions avec la France (qui a expulsé des commerçants argentins). Il retourne au Brésil, d’où il tente de pénétrer au Paraguay, puis révise ses plans : il remontera l’Amazone et en explorera les affluents encore partiellement inconnus. À l’automne 1826, il débarque en Guyane, dont le gouverneur lui fournit une escorte jusqu’aux limites de la colonie. Avant son départ, il écrit à son frère : ce sera son dernier message connu. Cette destinée ne serait que celle d’un amateur d’aventures doublé d’un esprit curieux si quelques détails ne laissaient supposer que les recherches de Grandsire ne constituent qu’une partie de ses activités et le dictateur paraguayen Francia déclare en 1825 « qu’il avait entendu parler de Grandsire et qu’il savait fort bien qu’il s’occupait de politique beaucoup plus que d’histoire naturelle ». À la fin de l’année 1827, l’agent consulaire de France au Para reçoit des objets appartenant à un Français décédé sur les rives de la rivière Jary, affluent de l’Amazone. Explorateur et agent secret, tel aura été Richard Grandsire en Amérique du Sud.