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Antoine LELEUX

Calaisien pur souche, issu d’un milieu très modeste du quartier de Notre-Dame, il connaît une existence dont n’auraient pu rêver ses parents. À vingt ans, il part travailler dans une librairie de Londres. Là, il fait la connaissance de deux grandes figures de l’Histoire sud-américaine, le général Miranda et le jeune Simon Bolivar. Il les suit au Venezuela et participe aux luttes pour l’indépendance, à Caracas d’abord, à Carthagène ensuite. Ami personnel de Bolivar, pour lequel il est beaucoup plus qu’un collaborateur, il gravit les échelons jusqu’à devenir Secrétaire d’État de la République. Chargé de mission, il rentre en France au moment de Waterloo. Mais les contre-attaques espagnoles ayant mis fin au mouvement indépendantiste en Colombie, il ne peut y retourner et décide de faire carrière, et de fonder famille, dans sa ville natale. Rue Royale, il développe en quelques années la plus grande librairie de l’histoire de Calais. Il cumule les activités : imprimeur, rédacteur et éditeur de journaux locaux, Président de la Société d’Agriculture, vénérable de la loge maçonnique, conseiller municipal… il est une figure-charnière de la vie intellectuelle calaisienne pendant la Restauration et la monarchie de Juillet. Républicain, démocrate, adversaire de la peine de mort, défenseur des droits des femmes et de la liberté, il affiche des convictions qui semblent bien en avance sur leur temps. Antoine Leleux est ce petit Calaisien parti de rien dont le nom figure dans les dictionnaires sud-américains. En dépit d’un second séjour en Colombie, il n’a jamais revu Bolivar, dont le portrait a orné son salon jusqu’à sa mort. Une rue porte son nom près de la gare des Fontinettes.