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Jacques Gaspard père LEVEUX

Naissance: 0000 Décès: 0000
À la mort de son père en 1764, il hérite la fonction de receveur principal au port de Calais des droits du duc de Penthièvre, amiral de France, qu’il conserve jusqu’en 1789. Membre fondateur (1784) puis vénérable de la loge Saint-Louis des Amis réunis, il ne joue aucun rôle dans les affaires de la ville avant la Révolution, et débute donc sa carrière publique déjà quadragénaire. Élu Maire de Calais le 6 décembre 1790, il a pour première tâche d’apurer définitivement les comptes de la municipalité de de Béhague, que son prédécesseur (Carpentier ) n’avait pas acceptés. Son mandat est rendu difficile par la guerre, qui éclate en avril 1792, et aussi par le climat particulier de suspicion que font peser sur tous les magistrats les patriotes zélés et les sociétés populaires. Sincèrement acquis aux idées nouvelles, il n’en modère pas moins les excès des extrémistes, et c’est à lui que Calais doit d’avoir traversé sans violence les heures sombres de la Terreur. Il reçoit chez lui à l’improviste le redoutable Joseph Le Bon, en 1793, alors qu’il héberge clandestinement le duc de Choiseul et le chevalier de Montmorency. Député du Pas-de-Calais à la Convention, il est réélu maire le 9 décembre 1792, avec 327 voix sur 348 votants. Mais le tirage au sort du 15 mars 1797 le désigne comme membre sortant, et il disparaît définitivement de la vie politique locale, à laquelle il n’aura finalement participé que peu d’années. Son effacement est dû en partie à une douloureuse maladie, qui le handicape (paralysie) pendant les dernières années. Sous l’Empire, il n’est plus que président du Tribunal de Commerce (de 1801 à 1812). Il figure à la réception de Louis XVIII à Calais en 1814, et reçoit la Légion d’Honneur, sans doute en souvenir de son attitude courageuse en faveur des émigrés royalistes pendant la Révolution. Il connaît une mort « foudroyante » peu après, à l’âge de soixante-dix ans.